Percée dans l’ablation des tumeurs au cerveau

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Université McGill et Polytechnique

Percée dans l’ablation des tumeurs au cerveau

21 février 2015 | Arnaud StopaCollaborateur | Science et technologie
Dans un article publié dans la revue , les deux chercheurs ont fait état de l’utilisation de leur technologie sur 17 patients. Selon eux, cela permettrait de doubler la durée de vie des patients de 1,5 à 3 ans en moyenne.
Photo: Dr Petrecca/Dr LeblondDans un article publié dans la revue , les deux chercheurs ont fait état de l’utilisation de leur technologie sur 17 patients. Selon eux, cela permettrait de doubler la durée de vie des patients de 1,5 à 3 ans en moyenne.
Ce texte fait partie d’un cahier spécial.

L’Institut et Hôpital neurologiques de Montréal — le Neuro de l’Université McGill et Polytechnique Montréal ont annoncé la semaine dernière la mise au point d’une sonde permettant de détecter des cellules cancéreuses lors de l’ablation d’un type particulier de tumeur du cerveau. À terme, les chances de survie du patient s’en trouveraient grandement améliorées.

Si le célèbre neuropsychiatre David Servan-Schreiber, auteur des livres à succès Guérir et Anticancer, n’avait pas été emporté par un cancer atypique en 2011, il se serait réjoui de cette percée dans son traitement : une nouvelle sonde développée dans les universités québécoises permet de différencier tissus sains et tissus malsains dans le cerveau.

Lors d’une opération d’ablation de la tumeur, « le chirurgien est très inconfortable quant à enlever un tissu supplémentaire. S’il est sain, cela peut avoir des répercussions sur le patient. Mais s’il laisse [des tissus cancéreux], cela est dommageable pour le taux de survie. C’est là que le nouvel outil a son plus grand bénéfice », explique Frédéric Leblond, professeur en génie physique de Polytechnique. « Plus nous en enlevons, plus la vie du patient sera prolongée. La sonde détecte des tissus qu’on ne pouvait pas détecter auparavant », indique le Dr Kevin Petrecca, chef du service. Car c’est ici que résidait le principal problème : des cellules cancéreuses, dites invasives, se propagent aux alentours de la tumeur, parfois assez loin, à plusieurs centimètres, ce qui rend impossible le retrait total des cellules malignes. Car ces dernières, esseulées, ne peuvent être décelées sur une image par résonance magnétique et encore moins à l’oeil nu.

« Ce qui est le plus excitant, c’est que c’est très facile à utiliser, s’enthousiasme le chirurgien. On pose la sonde sur le tissu à interroger et on a la réponse dans la seconde ! »« 0,2 seconde, plus exactement », rectifie M. Leblond. Aussi grande qu’un stylo, la sonde brevetée est utilisée après l’ablation de la tumeur et sans modification importante du mode opératoire. Un spectromètre est installé au bout d’un fil de fibre optique qui envoie un rayon lumineux, qui en retour renvoie une information à un ordinateur. Un algorithme traite ensuite l’information pour la rendre intelligible au praticien : soit le tissu est cancéreux, soit il ne l’est pas. « La sonde interroge au millimètre près. C’est dans l’ordre de grandeur de l’ablation des cellules invasives », explique l’ingénieur.

La sonde ne fonctionne pour l’instant que pour un type précis du cancer du cerveau : les gliomes. Il s’agit d’une forme rare et incurable de cancer du cerveau, gradé en fonction du stade d’importance. Le quatrième et dernier stade, plus communément appelé glioblastome, est un cancer agressif dont les pronostics sont parmi les plus mauvais de tous : de 6 à 15 mois de survie. À ce stade, plus aucun traitement n’est efficace. Les gliomes touchent 8 personnes sur 100 000, principalement chez celles âgées de plus de 60 ans. Seuls 15 % d’entre elles vivent plus de cinq ans. Aux stades 2 et 3, l’espérance de vie est par contre plus importante : on parle d’une dizaine d’années avant une réapparition du cancer.

Développée en à peine deux ans, la sonde utilise la spectroscopie Raman, un phénomène optique découvert en 1928 par le physicien indien Chandrashekhara Venkata Râman. En rebondissant sur une molécule, la lumière reflétée est légèrement modifiée. En analysant les caractéristiques de la lumière réfléchie, il est alors possible de connaître la composition de la cellule. Même si le procédé est presque centenaire, il a fallu attendre l’invention du laser dans les années 1960 et l’explosion de la puissance des ordinateurs pour aboutir à un outil maniable.

La sonde a depuis été étoffée par d’autres instruments optiques : mesure de la fluorescence, de la réflectance ou encore de la concentration d’hémoglobine. Autant d’indicateurs d’une plausible cellule cancéreuse. Éventuellement, l’appareil pourrait être utilisé pour d’autres pathologies oncologiques, selon M. Leblond. « La technologie telle que développée est idéale pour le cerveau. Elle a un énorme potentiel, mais il faudrait la retravailler pour chaque cancer en particulier. »

 

Espoir de « rémission »

Jusque-là, il fallait traiter les cellules invasives par chimiothérapie et radiothérapie. Mais, de l’avis même du Dr Petrecca, il s’agit de traitements peu efficaces. « En 30 années, il y a eu peu d’avancées, même si, depuis 10 ans, on est passé de 6 à 15 mois d’espérance de vie », dit-il.

Dans un article publié dans la revue Science Translational Medicine, les deux chercheurs ont fait état de l’utilisation de leur technologie sur 17 patients. Selon eux, cela permettrait de doubler la durée de vie des patients de 1,5 à 3 ans en moyenne. Une étude clinique à mener sur une centaine de patients est en cours pour valider les résultats à l’Institut et Hôpital neurologiques de Montréal, qui doit s’étaler sur un minimum d’un an. Une étape obligatoire pour pouvoir être homologué par la Food and Drug Administration américaine et Santé Canada.

Les deux professionnels abondent dans le sens d’une généralisation rapide de la sonde dans les salles opératoires. « Cela marche très bien et ne requiert pas d’importants changements dans la manière de pratiquer », explique le neurochirurgien.

Université McGill et PolytechniquePercée dans l’ablation des tumeurs au cerveau21 février 2015 | Arnaud Stopa – Collaborateur | Science et technologieDans un article publié dans la revue , les deux chercheurs ont fait état de l’utilisation de leur technologie sur 17 patients. Selon eux, cela permettrait de doubler la durée de vie des patients de 1,5 à 3 ans en moyenne.Photo: Dr Petrecca/Dr LeblondDans un article publié dans la revue , les deux chercheurs ont fait état de l’utilisation de leur technologie sur 17 patients. Selon eux, cela permettrait de doubler la durée de vie des patients de 1,5 à 3 ans en moyenne.Ce texte fait partie d’un cahier spécial.L’Institut et Hôpital neurologiques de Montréal — le Neuro de l’Université McGill et Polytechnique Montréal ont annoncé la semaine dernière la mise au point d’une sonde permettant de détecter des cellules cancéreuses lors de l’ablation d’un type particulier de tumeur du cerveau. À terme, les chances de survie du patient s’en trouveraient grandement améliorées.Si le célèbre neuropsychiatre David Servan-Schreiber, auteur des livres à succès Guérir et Anticancer, n’avait pas été emporté par un cancer atypique en 2011, il se serait réjoui de cette percée dans son traitement : une nouvelle sonde développée dans les universités québécoises permet de différencier tissus sains et tissus malsains dans le cerveau.Lors d’une opération d’ablation de la tumeur, « le chirurgien est très inconfortable quant à enlever un tissu supplémentaire. S’il est sain, cela peut avoir des répercussions sur le patient. Mais s’il laisse [des tissus cancéreux], cela est dommageable pour le taux de survie. C’est là que le nouvel outil a son plus grand bénéfice », explique Frédéric Leblond, professeur en génie physique de Polytechnique. « Plus nous en enlevons, plus la vie du patient sera prolongée. La sonde détecte des tissus qu’on ne pouvait pas détecter auparavant », indique le Dr Kevin Petrecca, chef du service. Car c’est ici que résidait le principal problème : des cellules cancéreuses, dites invasives, se propagent aux alen

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