ODS MEDICAL S’ALLIE À DEUX GÉANTS AMÉRICAINS (Par La Presse Plus)

L’automne est déjà bien chargé en nouvelles pour ODS Medical. La jeune pousse montréalaise vient de signer deux ententes avec des géants américains de l’industrie biomédicale. Lentement, mais sûrement, sa sonde chirurgicale fait son chemin vers les salles d’opération de la planète.

ODS Medical entreprendra d’ici quelques semaines le premier essai clinique officiel qui lui permettra de tester sa sonde chirurgicale, un outil capable de discerner, en temps réel, les tissus cancéreux des tissus sains chez des patients opérés au cerveau.

Mais avant d’en arriver là, elle a choisi de bien s’entourer.

L’entreprise vient d’abord de signer une entente avec un équipementier médical américain dont elle ne peut révéler l’identité.

En plus de se pencher sur les aspects réglementaires entourant les essais cliniques, ce géant des instruments médicaux aidera l’entreprise à établir un procédé de fabrication de sa sonde, indique Christopher Kent, président d’ODS Medical.

« Si tout fonctionne comme prévu, ils seront ensuite responsables de commercialiser l’appareil », ajoute-t-il.

Mais là ne s’arrêtent pas les visées de l’entreprise fondée en 2015. Celle-ci cherche également à améliorer les fonctions de son outil, en lui permettant notamment de discerner d’autres types de tissus cancéreux, comme ceux du cancer de la prostate.

C’est là que le second pacte scellé dernièrement par ODS trouve sa raison d’être. Celui-ci implique un spécialiste américain des robots médicaux dont l’identité, encore une fois, est maintenue secrète.

« L’objectif, c’est d’intégrer notre outil avec leur technologie de chirurgie assistée. »

— Christopher Kent, président d’ODS Medical

« On veut aussi acquérir de la donnée sur différents types de cancer afin d’entraîner notre technologie à mieux les identifier », ajoute-t-il.

UNE SONDE ISSUE DE POLYTECHNIQUE

Conçue par l’équipe de l’ingénieur Frédéric Leblond à Polytechnique Montréal, la sonde chirurgicale d’ODS a déjà assisté des neurochirurgiens dans 18 opérations d’ablation d’une tumeur au cerveau dans le cadre d’une étude préliminaire.

Dans huit de ces cas, elle a permis de retirer du tissu cancéreux qui avait échappé à l’attention du médecin.

La sonde, qui a l’allure d’un simple crayon, jumelle différentes techniques de spectroscopie pour identifier ce qu’elle voit. Elle projette une lumière sur le tissu étudié, puis enregistre le comportement de celle-ci avec une caméra. Les données sont ensuite analysées par un logiciel qui indique, en l’espace de quelques secondes, à quel type de tissu on a droit.

Son taux de succès ? Environ 97 %. C’est donc dire que le tissu que la sonde qualifie de cancéreux s’avère sain dans seulement 3 % des cas.

Il faudra toutefois attendre encore plusieurs années avant que la sonde d’ODS trouve sa place dans les centres hospitaliers. Si les résultats obtenus lors de la première étude clinique sont positifs, l’entreprise procédera à une seconde et dernière étude au courant de l’année 2020.

« On espère soumettre l’ensemble de nos résultats à la FDA en 2021 », indique le président de l’entreprise. Ce n’est qu’après avoir obtenu l’aval de l’autorité médicale américaine qu’ODS pourra commercialiser son produit.

D’ici là, l’entreprise devrait croître rapidement, selon M. Kent. « On prévoit passer de 13 à 20 employés d’ici la fin de l’année, puis continuer les embauches au cours des trois prochaines années », dit-il.

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